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Se méfier de l’eau qui dort et des personnages discrets. En politique comme ailleurs. Le grand boudoum de ce mois d’août a résonné et pourrait faire des vagues… Le maire du Marigot et président de la communauté des communes du nord de Martinique (CCNM), Ange Lavenaire est candidat aux prochaines sénatoriales. L’annonce de cette candidature en plein mois d’août a surpris certains mais les observateurs du landernau politique avaient noté des dissensions au sein de l’édifice RDM auquel appartient le premier magistrat marigotin.
Ange Lavenaire part à la conquête d’un siège au Palais du Luxembourg…sans étiquette puisque son parti a désigné ses candidats : Claude Lise, sénateur sortant et, Raymond Occolier, maire du Vauclin. Membre fondateur du RDM, Ange Lavenaire a été « lâché » par ses pairs qui ont opté pour M.M Occolier et Lise, une pilule difficile à avaler pour celui qui préside une communauté forte de 18 communes.

« Claude Lise aurait dû laisser la place notamment après la défaite à la présidence du conseil général et sortir par la grande porte… » selon Ange Lavenaire.
En réalité, il semble bien que les divergences aient pris naissance depuis bien longtemps déjà, à « l’époque » de la consultation populaire autour du statut de la Martinique. Le 73 et le 74 ont laissé bien des traces…
Aujourd’hui, Ange Lavenaire s’appuie sur ce qu’il considère comme « une légitimité » en tant que président de la CCNM et donc une occasion de défendre les intérêts des habitants de cette région répartie sur l’atlantique et la caraïbe et… « Souvent oubliée dans les grandes discussions, les débats et projets structurants pour la Martinique ».
En vieux routier de la chose politique, la porte d’entrée choisie par Ange Lavenaire ( représentativité du nord ) est cohérente mais quand on l’interroge, il ne cache pas ses désaccords avec son parti et le politique Lise « à qui je garde toute mon estime et mon amitié » a souligné le candidat Lavenaire.
Les défaites et désaccords lors de la consultation populaire puis le changement de majorité au conseil général ont été lourdes de conséquences et…on sentait bien des failles dans l’édifice.
Suppléant depuis 1995 et temps du turn-over ?
Et dans cette donne nouvelle, beaucoup estimaient que le secrétaire général du RDM, sénateur de Martinique et désormais ex-président du Département Martinique aurait dû passer son tour après deux mandatures au Sénat. Et Ange Lavenaire est certainement le premier à le déclarer de manière aussi abrupte « Claude Lise aurait dû laisser la place notamment après la défaite à la présidence du conseil général et sortir par la grande porte… ». Celui qui le dit a tout de même été le suppléant du sénateur Lise durant deux mandatures (Claude Lise est sénateur depuis septembre 1995).
En se lançant sans soutien de parti, et sans étiquette, Ange Lavenaire sait que ce ne sera pas facile de se faire élire mais l’homme se dit confiant et assume sa part de responsabilités. Leader du nord, le candidat soutient avoir été quasiment « réquisitionné » par les élus du territoire du nord pour représenter cette partie de l’île même s’il sait aussi que cette élection est particulière. « On me parle d’argent et de promesses. Je crois aux vertus de la politique et je n’ai pas de bourse à offrir mais une conscience, une expérience et le poids de 110.000 habitants pour une meilleure représentation du pays sur l’échiquier. Je me dois d’assumer mes responsabilités même si je sais que dans le lot de soutiens annoncés, certains voteront autrement… ». Lucidité et expérience…
Ange Lavenaire est en campagne et fera tout pour convaincre les grands électeurs (des élus municipaux constituent en grande majorité le collège électoral) pour ce rendez-vous du 25 septembre.
L’image du candidat Lavenaire est positive et son démarquage de son « mentor » pourrait favoriser ou faciliter des choix dans la perspective d’une meilleure répartition des fonctions entre les mandats de sénateurs, les prochaines législatives en 2012 et puis l’équilibre territorial…
Pour l’heure, bien des situations et projections sont échafaudées et la course au sénat est encore très ouverte avec son lot d’incertitudes. La logique n’existe pas dans une telle élection mais le « patron » du nord sait qu’il devra, d’abord, ferrailler sur son territoire pour convaincre le maximum de grands électeurs et qui sait…
K.S
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