DECLIC 972: la situation des maisons de retraite interpelle PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 07 Juillet 2010 07:19

DECLIC972, dans son action citoyenne, s’empare de la question des maisons de retraites pour rebondir sur l’actualité du pays Martinique.

 

 

La question du quatrième âge est cruciale à la Martinique et le deviendra encore plus dans les 2-3 prochaines années. En effet, la Martinique sera le département de France avec la plus vieille population.

Ainsi se posait déjà la question des structures d’accueil de nos ainés pour lesquels on sait qu’il manque déjà quelques 1000 places pour les accueillir.

L’effort est tellement important que le Conseil Général a axé sa politique sur l’aide au maintien à domicile des personnes âgées.

Certaines structures privées tentent d’amortir ce manque flagrant de places dans le cadre de bâtiments réorganisés pour respecter les normes d’une maison de retraite digne de ce nom.

C’était le cas de la Maison de Retraite des Anses d’Arlet, fonctionnant dans l’ex-hôtel Le Maharadjah et qui vient d’être liquidé devant les Tribunaux.

Une structure qui avait déjà eu des difficultés jusqu’à entraîner son Directeur à être déferré devant les tribunaux et même emprisonné. Pendant 7 mois les personnels organisés avec les familles ont assuré la continuité de son fonctionnement avant la reprise par un quatuor d’investisseurs.

Ce quatuor d’actionnaires composé d’une psychomotricienne, d’une infirmière, d’un médecin psychiatre et d’un sociologue laissait augurer d’une prise en charge pensionnaires très performante et d’avenir. Pendant que l’infirmière parlait de nouvelle vie pour les personnes retraitées, le sociologue annonçait une prise en charge moderne qui améliorerait la condition de nos têtes blanches fussent-elles atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Hélas, moins d’un an après on ne retrouve plus qu’un binôme, qui possédait déjà le plus de part à la création de la société, qui exploite cette maison de retraite, le psychiatre, actionnaire majoritaire, vivant en Guyane et le sociologue, directeur de la structure.

Très tôt aussi, commencent à apparaître des dysfonctionnements dans la gestion courante de cette maison de retraite : des investissements hasardeux (véhicules, cyber âge non adapté pour la population, dépenses mal contrôlées…).

La petite expérience des personnels dans la tenue de la structure, mais aussi leur ancienneté face à des personnes nouvelles dans ce métier, entraînèrent leur mobilisation pour dénoncer l’aventurisme du Directeur dans sa gestion économique mais aussi sociale. Un management désastreux qui a provoqué un accroissement de la masse salariale administrative pour déstabiliser le personnel organisé en représentation syndicale plutôt que de renforcer l’équipe des auxiliaires de vie trop peu nombreuse pour générer une meilleure prise en charge des pensionnaires. Le comportement de cadre infirmier, libéral, dont la propre histoire devrait lui interdire de travailler en maison de retraite tant il a des comptes à régler avec les parents et la représentation masculine notamment, mais qui reçoit l’appui de la Direction tramant « an ba fèy » des destinées sombres pour la structure au profit de ses intérêts d’actionnaire.

A cela, il faudrait rajouter une attitude incompréhensible du Directeur qui ne paie plus les loyers plutôt que de les verser à la Caisse des Dépôts et Consignation jusqu’au règlement du litige qu’il avait avec le propriétaire de l’ex-hôtel Le Maharadjah. Est-ce de la malveillance ?

Pire, la direction fait des travaux sans l’accord de son bailleur. Malgré les alertes des personnels et de leur organisation syndicale, des familles, aucune évolution positive ne pointe et fatalement le Tribunal prononce dernièrement une liquidation mettant en difficulté des familles, des personnels et les leurs, l’espoir d’une bonne prise en charge des anciens. Alors, il ne reste plus aux familles qu’à récupérer leurs parents même si la Direction a voulu sauver la face en annonçant un transfert à Ste Luce dans une autre structure. Là aussi le tribunal a refusé cette solution tant notre binôme d’hexagonaux tropicalisés ont fait preuve de mauvaise foi.

Maintenant, nos collectivités et l’ARS doivent prendre en charge ce dossier des maisons de retraites avec toutes ses problématiques mais aussi toutes les raisons d’espérer.

 

Plusieurs pistes existeraient sans exhaustivité dans ce qui suit :

- Profiter du foncier que délaisse l’Etat ou qu’il vend par son agence France Domaines,

- Reconfigurer les hôtels qui ferment pour en faire des Maisons de Seconde Vie,

- Profiter du boom à la formation proposée dans l’aide à la personne,

- Accompagner, encadrer les travailleurs dans leur volonté de création de COOP,

- Associer financièrement la population martiniquaise à cette noble et grande cause.

 

Si un de nos économistes éclairés disait dernièrement que la pérennité de la SARA aux Antilles pourrait faire l’objet d’une implication des collectivités dans une Société d’économie mixte, cela vaut aussi pour les maisons de retraite à La Martinique et toutes les grandes causes humaines.

Mais attention ! Il ne sera nullement question que les investisseurs privés soient trop gourmands à vouloir tirer des bénéfices relevant du CAC40 dans ce type de montage au service des personnes âgées. Une très grande vigilance devra s’exercer à travers un contrat clairement établi. Il serait inacceptable que les deniers publics viennent gonfler les poches de quelques « requin-coffre ».

Et comme nous sommes sur la voie de l’Assemblée Unique, peut-être que dès maintenant le Conseil Général et le Conseil Régional pourraient associer leurs efforts, chacun pour ce qui le concerne, avec l’ARS afin que des martiniquais s’occupent d’autres martiniquais selon le discours de chacun de ces responsables.

Enfin, pour DECLIC972, (re)poser la question des structures d’accueil du quatrième âge, n’a pour objectif que de rappeler ce que beaucoup disent qu’ils feraient sans que l’on ne voit, dans les faits, les actions suffisantes pour l’aboutissement des programmes de campagne.

 

J-G Voisin

Président de DECLIC 972