Interview
Jocelyne Béroard: "merci au public, sans lui, pas de concert" PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 12 Juin 2009 05:18

 

Cette année des 30 ans de Kassav est particulière. Le groupe est en tournée et semble réclamé. Le zouk vit. Jocelyne Béroard a répondu à quelques-unes de nos questions. Kassav sera aux Antilles pour fêter avec son public ce trentième anniversaire. C'est l'info attendue par des milliers de personnes. Entretien.

 

97news.fr : Jocelyne, après Abidjan et le St Lucia Jazz Festival, Kassav a réussi sa fête avec le public pour le 30e anniversaire. Quelques jours après cette nuit créole, qu'en gardez-vous ?
Jocelyne Béroard : J'en garde un superbe souvenir, une joie intense. Heureuse d'avoir senti la foule nous donner en échange de notre musique des manifestations de contentement. Les deux concerts précédents étaient totalement différents, si au stade les gens étaient beaucoup plus nombreux, il y a toujours la frustration d'en "perdre" une grande partie même lorsqu'on avance le plus loin possible, alors que le contact est plus chaud dans des configurations moindres. Mais c'était un événement. 30 ans à fêter, il fallait que ce soit original. Alors on l'a fait, et comme les gens sont venus et ont dit avoir apprécié, quel plus grand bonheur pouvions nous espérer ?

97news.fr : 30 ans de zouk et de Kassav à travers le monde, si vous deviez ne retenir qu'une seule image de cette aventure, quelle serait-elle ?
Jocelyne Béroard : Le salut final en scène. Quelque soit l'endroit, c'est pour moi un moment toujours important, le moment où nous disons merci au public, puisque sans lui, il n'y a pas de concert.
Il y a aussi cette étoile au Stade de France. Bon, je ne suis pas dans le star system, mais c'est une joie d'être honorés sans avoir demandé, sans que ce soit par un fan. Nous sommes les premiers artistes à avoir notre étoile avec l'empreinte de nos mains au Stade. Ca ne change pas ma vie et ne paie pas mon loyer, mais c'est une belle récompense pour nos enfants.


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: Quand on vous dit que des générations sont estampillées Kassav, comment réagissez-vous? Le SDF était garni de très jeunes ki poko té fet lè Kassav koumansé...
Jocelyne Béroard : Beaucoup de gens nous rappellent que nos chansons ont ponctué leur vie, et bien entendu cela fait plaisir. J'ai des fois du mal à imaginer l'impact que nos chansons pourraient avoir et c'est uniquement lorsque les gens en parlent que je le perçois. Et souvent, lorsqu'on me parle de Kassav, j'écoute comme si je n'étais pas concernée mais simplement emportée par la passion qu'ils communiquent en l'exprimant. Je suis touchée par la reconnaissance des jeunes aussi. Nous ne sommes pas très présents à la télé, pas vraiment actifs sur le net, mais les soirées spéciales Kassav ont encore des adeptes de tous âges, et c'est tant mieux.

 

97news.fr: Quel pourrait être le futur du zouk, cette jeune musique ?
Jocelyne Béroard : Un futur normal si on veut bien se donner la peine de faire progresser cette musique. Il y a chez les générations d'après de réels talents, que ce soit chez les compositeurs ou les interprètes, il manque juste un peu d'assurance dans l'affirmation de ce qu'on est, de qui on est, de notre culture, notre héritage. Lorsque ce sera bien ancré dans les têtes, l'avenir sera définitivement assuré. Qu'il soit chanté en français ne me dérange pas s’il est en même temps encore chanté dans notre belle langue. Car à quoi cela sert-il d'abandonner ses valeurs si c'est pour être ignoré encore ?
En fait le zouk n'est pas l'unique musique de chez nous, mais c'est celle qui a été la plus primée et la plus distribuée. Alors pourquoi ne pas unir nos forces pour qu'elle existe en tant que style réel, histoire de ne pas devoir sans cesse tout reprendre à zéro... Gagnons déjà ce combat au lieu de le combattre. Nous diviser sans cesse nous affaiblit et arrange l'autre. Alors l'avenir du Zouk ne dépend que de l'importance que nous lui donnons. Le Brésil s'en empare, pour notre plus grande joie, il ne faudrait pas que dans quelques décennies, ce soit une de ses musiques et plus la nôtre, non ?

 


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: Si un producteur vous proposait de concevoir un projet "fou", que proposeriez-vous ?
Jocelyne Béroard : Un concert de duos avec nos meilleurs chanteurs et des artistes de tous bords qui viendraient s'essayer au zouk. Car pour le moment nous avons plus tendance à aller vers la musique des autres que les autres vers nous. Ce serait l'occasion de faire de belles rencontres.

 

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: Y aura t-il un concert aux Antilles dans le cadre des 30 ans de Kassav ?
Jocelyne Béroard : Bien entendu ! Nous ne pouvons ignorer notre public premier ! Le problème est la disponibilité des salles. Ca devrait commencer fin septembre. Aussi, il semblerait qu'à la Martinique cela se ferait sur plusieurs jours à l'Atrium, en Guadeloupe nous seront obligés d'être sur un  stade car le Centre des Arts est en travaux. Nous travaillons également sur la Guyane, le Suriname et quelques îles de la Caraïbes, histoire de réduire nos déplacements en avion.

: Y aura t-il un concert aux Antilles dans le cadre des 30 ans de Kassav ?
Jocelyne Béroard : Bien entendu ! Nous ne pouvons ignorer notre public premier ! Le problème est la disponibilité des salles. Ca devrait commencer fin septembre. Aussi, il semblerait qu'à la Martinique cela se ferait sur plusieurs jours à l'Atrium, en Guadeloupe nous seront obligés d'être sur un  stade car le Centre des Arts est en travaux. Nous travaillons également sur la Guyane, le Suriname et quelques îles de la Caraïbes, histoire de réduire nos déplacements en avion.

Propos recueillis par Karl Sivatte